association française des arts et techniques du son
A.R.T.S.

 

Le correcteur de gravure RIAA Pulltech PC 10

Le préamplificateur correcteur RIAA Pulltech est sans doute, avec l'amplificateur Ampex, un des projets qui mobilisé le plus grand nombre de participants .S'y sont investi MM. Preyal ,Goewie,Cocheteux, et peut-être d'autres que j'oublie, qu'ils me pardonnent...Mais commençons par un extrait de l'article de Rinaldo Bassi dans la NRDS n°221 où notre cher "paleo-électronicologue" a décortiqué le schéma Pulltec.

Le transformateur d'entrée

C'est le fameux K241D de Peerless (une division de Altec ) Excusez nous du peu, mais ce transformateur universel accepte selon les commutations des impédances de 31,5 ; 37,5 ; 125 ; 150 ; 280 ; 340 ; 500 ou 600W au choix en symétrique ou asymétrique. La bande passante à +/-1 dB est de 10 à 30 000Hz. Il peut fonctionner sous des tensions aussi faible que 0,5mV et jusqu'à 30V ! Et ce sans bruit de fond, grâce à un enroulement primaire équilibré et couplé avec le secondaire. Les ronflements se retrouvent en opposition de phase tandis font>est de 10 à 30 000Hz. Il peut fonctionner sous des tensions aussi faible que 0,5mV et jusqu'à 30V ! Et ce sans bruit de fond, grâce à un enroulement primaire équilibré et couplé avec le secondaire. Les ronflements se retrouvent en opposition de phase tandis que le signal est en phase. Un superbe blindage offre une efficacité de 90dB. De quoi faire rêver nos audiophiles à la recherche d'un transformateur pour cellule à bobine mobile. Pour l'utilisation de notre Pulltech en correcteur RIAA pour cellule EMT TSD 15, la position 37,5W du transformateur est la bonne. Le secondaire est dans ce cas chargé par une résistance de 82 kW (voir schéma). Pour une Denon DL 103 c'est une charge de 125 W le secondaire sera chargé par résistance de 70 kW Si vous construisez l'appareil il faut utiliser une charge normalisée de 47 kW à l'entrée pour cellule à aimant mobile. Pour les cellules à réluctance variable, utilisez votre transformateur d'adaptation habituel ou votre pré-préamplificateur si vous êtes satisfaits de leurs performances.

Le premier étage

Deux tubes modeste : une 12AX7 et une 12AU7. Oui! c'est bête, mais ça marche. Pas de tube bizarroïde et introuvable, coût moyen pour les tubes du premier étage 30€ . C'est peu et ça fonctionne. Entre parenthèse, le second étage est pratiquement identique au premier, comptez encore 8€ pour le redresseur : une modeste 6X4 (elle peut être remplacée par la non moins modeste EZ80) soit 68€ au total, et vous aurez fait le tour de la question "tubes".

L'étage d'entrée a l'air tout bête, mais il cache une sacrée astuce! On entre sur la grille de V1 on sort sur la plaque chargée par 200kWJusque là c'est normal. Un modeste condensateur de 0,05µF assure la liaison sur la grille de V2 ( ce qui est amplement suffisant, l'atténuation étant de moins de 3dB à 10Hz pour une résistance de fuite de grille de 330kWOn récupère le signal amplifié sur la résistance de charge de 240kW. Le tube est polarisé à -1V par la résistance de cathode de 1800W non découplée. C'est là où commence l'astuce. La liaison est directe entre l'anode de V2 et la grille de V3 (12AU7). On trouve alors deux 12AU7 en parallèle, la seconde étant amortie par une résistance de 480 W dans son circuit de plaque, ce qui va agir sur la pente de ce tube second tube, et donc sur la pente globale des deux tubes en parallèle. Nous verrons plus loin pourquoi. Dans la cathode de ce tube combiné, on trouve une résistance de 18kW montée en série avec une résistance de 200W placée dans la cathode de V1. Le courant de repos qui traverse ces deux résistances va assurer la polarisation de V1 (-1,4V) et bien entendu de V3 V4 (120V, ce qui assure une polarisation de -8V sur la grille grâce à la liaison directe). Ce montage original a plusieurs buts. On va tout d'abord, par le jeu des courants de repos, garantir un gain pratiquement constant pendant toute la durée de vie des tubes, car le point de polarisation de la première 12AX7 n'a pas été choisi au hasard. Sur la fig ci dessous on constate qu'avec 135V sur la plaque d'une 12AX7 et une polarisation de -1,5V, on se trouve sur un point où la pente, la résistance interne, donc le coefficient d'amplification du tube sont variables. Toute baisse d'efficacité du tube d'entrée se répercute sur la polarisation des tubes de sortie , grâce à la liaison directe, le courant augmente dans dans les 12AU7 , ramenant ainsi la polarisation du tube d'entrée à une valeur correcte. C'est très important pour la suite, car il faut maintenant se pencher sur le fonctionnement dynamique. Si vous examinez soigneusement le circuit, vous constaterez que le fait de boucler V3 V4 sur la résistance de 200W dans la cathode de V1, va provoquer un phénomène bien particulier. Contre-réaction? Non c'est une réaction. Sur les sur le Schéma nous avons indiqué une série de + et de - correspondant à l'alternance positive d'un signal périodique. Nous aurions pu choisir l'alternance négative, il suffirait dans ce cas de remplacer les + par des - et vice-versa. Quel va être l'effet de cette réaction? Compte tenu du point de polarisation choisi (-1,4V), le swing de grille va entraîner des variations de pente de V1, donc du coefficient d'amplification. On aura crée ainsi un véritable expanseur de dynamique...Cest le secret Pulltech. C'est le même type de circuit utilisé par Audio Research en sortie des célèbres SP10.Rien n'empêche un constructeur de s'attaquer à ce type de circuit très difficile à mettre au point : Le taux de contre-réaction doit être calculé "au quart de poil" car on risque de créer un parfait oscillateur si le circuit est mal maîtrisé, ce qui n'est pas le but recherché! Des cathodes en parallèle de la 12AU7, on va alors attaquer le filtre passif de la correction RIAA.Avant d'aller plus loin, il nous faut parler du filtre.

Le filtre RLC RIAA

Idéalement un filtre passif RLC devant suivre parfaitement la courbe de correction de gravure des disques doit doit être constitué de la manière suivante :

La correction RIAA est la somme algébrique de ces trois courbes de transmission.C'est le filtre standard utilisé par Pulltech et reproduit par Tango (EQ600) Ces filtres présentent une impédance d'entrée et de sortie de 600W .C'est standard et c'est le compromis idéal pour un Q raisonnable des bobines du filtre dont la résistance excède rarement 60W. Or, le bon fonctionnement d'un filtre dépend essentiellement de ce que l'on appelle l'image de l'impédance de l'entrée vers la sortie et vice versa. Deux solutions sont possible comme nous allons le voir :

Pulltech EC-10: un adaptateur d'impédance idéal

C'est le troisième atout du circuit Pulltech. Par le jeu de la réaction que nous avons analysé dans le précédant paragraphe et de la résistance" de 480W placée en série dans l'anode de la seconde moitié de la 12AX7, on va agir sur la pente du nouveau tube ainsi combiné par les deux moitié en parallèle. l'impédance de sortie du circuit est de 50W et reste rigoureusement constante tout au long du spectre utile. Le filtre peut donc être attaqué sans perturbation la sortie du filtre, Pulltech s'offre le luxe de construire un correcteur, lui aussi à impédance constante . Sa valeur est approximativement de 50kW soit près de 80 fois l'impédance de sortie du filtre, quelle que soit la position des potentiomètres. Ce réglage ultra fin va permettre de corriger les accidents de bande passante de certaines cellules dans le haut du spectre, et de booster ou d'atténuer les très basses fréquences ( pratique pour éliminer le rumble). En position médiane, la transmission est rigoureusement droite.

L'étage ligne

Il reprend la même structure que l'étage d'entrée à l'exception du taux de réaction qui est moins important (résistance de cathode de 100W au lieu de 200W dans l'étage d'entrée). La sortie s'effectue par la cathode des 12AU7, sur un transformateur symétriseur (Peerless ou Triad selon les modèles) assurant la transmission symétrique normalisée sur 600W. Si vous construisez l'appareil et que vous désirez vous passer du transformateur, n'oubliez pas de remplacer ce dernier par une résistance de 20kW afin que le circuit conserve toutes ses caractéristiques dynamique et de distorsion.L'impédance de sortie dans ce cas sera de 50W asymétrique.

La réalisation : Gilbert Preyale et Ed Goewie

il n'en fallait pas plus pour que le toujours enthousiaste Gilbert Preyal assisté d'Ed goewie pour la partie châssis, mette en chantier une copie des pulltech. Voici se qu'il nous disait dans son envoi de juillet 1999

J'ai terminé hier (enfin!!!) le second Pulltech et je les ai raccordé sur l'une de mes platines ,les détails suivent mais je peux d'ores et déjà vous confirmer que ces "bestioles" sont ÉPOUSTOUFLANTES (c'est terminé pour les superlatifs...). avant les Pulltech j'utilisais comme correcteur RIAA, le correcteur que M Jean Hiraga a développé et dont un article de l'ancienne revue l'audiophile n°21 de septembre 1981 explicitait la démarche, je précise que j'avais réalisé ce correcteur en suivant scrupuleusement et à la lettre les recommandations de M.Hiraga, et ceci à ma plus grande satisfaction car je considérais disposer avec ce correcteur d'un des meilleur existant... En pré-pré j'utilisais un transformateur Denon AU250 et ensuite un pré-pré à tube ECC86 de mon cru, la HT étant constituée d'une...batterie au plomb de 12V et ça "marchait" très, très bien.

Donc ce matin, je raccorde les Pulltech, en symétrique des bobines de la DL103 aux Pulltech et, pour l'instant, en asymétrique jusqu'à mon préamplificateur, j'enclenche le secteur et j'attend, comme il se doit, 5 à 6 mn avant de passer le premier disque.

Bon comme écrit au début de cette note, c'est précis, net, clair, fouillé, détaillé comme je n'ai encore rien entendu de pareille n'est que la première réaction, mais j'ai déjà trouvé une foultitude de détails inconnus à ce jour (par mes oreilles...) sur des disques que je connais par coeur, entre autre : Le sacre du Printemps (coffret Master Works de CBS n°79046 consacré à Pierre Boulez, orchestre de Cleveland), Tristan et Isolde, direction Wilhem Furtwängler, orchestre Philarmonia avec les choeurs du Royal-Opera-House de Coven Garden coffret EMI FALP 30331 à 30335 enregistrement de 1964...et Miles Davis dans TUTU, disque Warner 925 490-1 ça marche du premier coup, sans difficulté, sans problème, et ça semble parfait

Maintenant, quelques remarques plus techniques et "essentielles" pour certaines. Les étage du Pulltech, sont chacun, étudié pour obtenir une bande passante plus que suffisante, sans bruit ni distorsion, et avec une impédance de sortie de 50W , pourtant aux vérifications et mesures, par exemple, le premier étage 12AX7 semble avoir une bande passante "riquiqui" c'est déjà presque -40dB à 40Hz et ça chute dès 14kHz....idem sur le second étage...mais à la sortie des cathodes de la 12AU7 c'est parfait grâce à la contre-réaction du circuit Rinaldo Bassi a raison de dire et de redire qu'il faut toujours respecter les valeurs des composants...Donc utilisez bien un 47µF ( à défaut d'un 50µF introuvable en France) en liaison de la première 12AX7 à la seconde, et les valeurs indiquées pour les résistances de grille : 330kW sur la seconde triode et l'ensemble correcteur par potentiomètre et condensateurs se raccordant à la grille du premier tube du second étage par la 820kW, idem pour les condensateurs de liaisons, 2µF, 0,11µF etc...

Personnellement je me suis longtemps "tâté" pour savoir ce que j'allais utiliser comme type de résistance : aglo, couches carbone, couches métal, en définitive comme je disposais d'un lot d valeurs idoines, de résistances du genre Dales 4W à très haute stabilité, stock de surplus militaire... J'avoue que ce sont ces résistances que j'ai mis en place. Mais quelque soit le type de résistances que vous mettrez, respectez à +ou- 5% les valeurs mentionnées sur le schéma.

Un détail justifiant également les assertion de Rinaldo Bassi : en chauffant les tubes comme indiqué sur le schéma 6,3V avec PM polarisé à environ 90V, il n'y a pas un poil de "ronflette".

Personnellement j'ai, en définitive, mis en place un transformateur de sortie ligne tout à fait différent. j'ai récupéré une paire d'anciens transformateurs qui servaient de sortie symétrique 600W sur un générateur BF (le primaire était alimenté par condensateur sur un cathodique 807!). Ces transformateurs qui ont plus de trente ans (excellent aux mesures),avaient un rapport n=15:1 donc pour obtenir pratiquement le niveau de sortie 0dBU, j'ai du bricoler le premier étage des pulltech en mettant en place une résistance de cathode de 100W (au lieu de 200W qui est prévue) le gain du premier étage passe ainsi de 80 à 150 et je retrouve le même niveau en sortie. Ceci pour prouver que le circuit Pulltech est très bien conçu et "hyper" stable.

Autre constat, pour ceux qui ont (comme moi) du mal à envisager de dépenser,au cours actuel du Yen, près de 680€ pour deux Tango EQ600P, ceux que j'ai réalisés me donne entière satisfaction. C'est long et ennuyeux à fabriquer mais l' éconnomie n'est pas négligeable *

Bon courage pour construire vos Pulltech PC-10 , c'était un bon choix... même si ça coûte cher!

Comme indiqué dans ma dernière note, le le transformateur Lundahl 1538L ne permet de sortir sans distorsion qu'un niveau de 0dBU, c'est tout de même 775mV RMS ...et le Pulltech en référé à 100Hz permettra d'obtenir à la sortie environ 720mV RMS avec une Denon DL103 et le Lundahl d'entrée de rapport n = 1:10 ; donc pas de panique !

A l'origine les châssis réalisés par Ed Goewie reprenaient les cotes des Pulltech originaux mais dès les premiers essais il s'avéra que le classique transformateur d'alimentation EI et le transformateur d'entrée Lundahl ne pouvaient partager le même châssis... Les transformateurs d'alim migrèrent donc sur un châssis séparé reliés aux bloc préampli par des prises Socapex. C'est dans cette configuration qu'il furent présentés lors d'une réunion d' ARTS au studio SOFRESON .Raccordé à une modeste platine Technics SL1210 , un ampli et un préampli (solid state) Audio Research (en alternance avec une réalisation originale de Rinaldo Bassi : un ampli 6080 en pont dont le schéma ,breveté, est encore classé "secret défense"...dommage! ) et des enceintes JBL LSR 32 .Je m'excuse du manque de précisions, c'était il y a quelques années, et je ne pensais par encore à cette rubrique. Déjà les Pulltech m'avaient impressionnés même accompagnés de ces maillons , de qualité, certes, mais pas vraiment" HI-End" .Comme le dit Gilbert c'est "fouillé" mais ce dont je me souvient le plus c'est plutôt l'impression d'aisance, de plénitude, de toutes ces petites nuances de réverbération qui font qu'on se sent "au concert" , la marque des matériels d'exception .L'envie d'y associer des maillons "à la hauteur" était le sentiment général .

Depuis c'est toute la partie alimentation qui est montée sur deux châssis séparés (d'où les plaques de "rebouchage" visibles sur les photo). Gilbert soupçonnant encore un poil de ronflette (!)

Le respect de l'implantation d'origine nécessiterait des transformateurs d'alimentation double C à faible induction, blindés très efficacement. De plus les transformateurs d'entrée Peerless de part leur bobinage "spécial " sont beaucoup moins sensibles aux rayonnements de l'alimentation.

Transformateur à enroulement statique.

Le courant primaire produit, dans les deux ponts du noyau, des lignes de force de sens opposés ; par contre, un champ extérieur produit des lignes de force de même sens (en pointillés)

C'est ce type d'enroulement qu'utilise le Peerless K241D

*Vous pouvez vous procurer des filtres RLC auprès de Gilbert, ou d' André Cocheteux